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Institut de
l'Autolouange
Questions fréquentes sur l’autolouange
Le mot « autolouange » peut surprendre. Il accroche, il dérange parfois, surtout dans une culture où le « je » a longtemps été tenu à distance, et où l’idée de se dire soi-même peut sembler inconfortable, voire suspecte.
« Autolouange » n’est pas « auto-louange ». Le tiret change tout. Il pourrait suggérer une démarche volontaire de se faire sa propre louange, dans une logique d’ego ou d’autopromotion. Ce n’est pas de cela dont il s’agit.
L’autolouange désigne une pratique de parole où la personne laisse émerger ce qui est vivant
en elle, et l’exprime à la première personne, avec amplification et sincérité, dans toutes ses
dimensions. Louange vient de laudare, en latin, qui signifie « approuver sans restriction».
Poser en leurs couleurs chacune de ses tonalités intérieures fait émerger des mots que nous ne
connaissons pas de nous-mêmes :
« Les mots qui vont surgir savent de nous
des choses que nous ignorons d’eux » René Char
L’autolouange devient alors une forme d’écoute amplifiée de soi. Une manière de laisser
émerger des repères intimes, des histoires enfouies, des élans parfois oubliés. Non pas pour
les analyser, mais pour les faire éclore, comme un monde intérieur qui se met à parler.
Elle est aussi parole de célébration, un espace d’émerveillement devant la singularité de
chacun, devant ce qui cherche à se dire et à prendre place dans le monde.
Cette parole première est encore vivante dans de nombreuses cultures : le Kasàlà des
Lubas, l’Ikivugo du Rwanda, l’Ako du Bénin, le Joïc des Samis… chaque fois avec la tonalité
culturelle du lieu. Parmi leurs traductions figurent : « autopanégyrique », « nom de force »,
«nom de devise », « poésie de soi », « autoéloge » ou « autolouange ».
Choisir parmi ces termes, c’est reconnaître notre appartenance à un maillage planétaire.
L’autolouange s’inscrit ainsi dans cette sororité de pratiques orales universelles.
L’autolouange s’adresse à toutes et à tous. Il n’est pas nécessaire d’être en difficulté, en
manque de confiance ou en recherche personnelle pour la pratiquer.
Bien sûr, elle est précieuse pour renforcer la confiance en soi, mais elle est tout autant
pertinente pour stimuler la vitalité, la créativité, l’expression personnelle et la présence à
soi.
L’autolouange est également utilisée par de nombreux professionnels de l’accompagnement
(enseignants, éducateurs, thérapeutes, travailleurs sociaux, animateurs…), qui y trouvent un
outil simple et puissant pour soutenir la parole, la valorisation et la dynamique de groupe.
Elle peut aussi être proposée à des publics fragilisés, dans des contextes d’accompagnement
social, éducatif ou thérapeutique, à condition d’être adaptée avec justesse au cadre et aux
besoins des personnes. Sa force réside justement dans sa grande simplicité de consignes, qui
la rend accessible à des publics très variés.
Dans ces contextes tout particulièrement, l’autolouange agit comme un puissant levier de
dignité : elle permet aux personnes de se découvrir et d’être reconnues dans leurs ressources
et leur humanité, plutôt qu’à travers les étiquettes qui leur sont trop souvent associées.
Elle s’ajuste aux contextes dans lesquels elle est invitée, tout en conservant son essence : une
pratique d’expression libre, pétillante et profondément respectueuse de la parole de chacun.
L’autolouange est un art de la parole, une invitation à dire ce qui est vivant et vibrant en soi.
À ce titre, elle accueille toutes les sensibilités.
Cette diversité d’expression peut employer un langage symbolique ou imagé, voire associé
au vocabulaire spirituel ou religieux. Certaines formulations peuvent évoquer une
dimension intérieure ou existentielle, par exemple :
« Je transforme le doute en aventure sacrée. »
Ici, le terme « sacrée » renvoie à l’intensité de l’expérience vécue, et non à une
référence religieuse particulière.
« Dans la fange des eaux troubles, j’érige des cathédrales. »
Le mot « cathédrale » est ici utilisé dans le sens métaphorique de somptueux,
grandiose, et n’implique pas l’appartenance à une religion.
L’autolouange explore ainsi un langage qui touche au sensible et parfois au mystère de
l’expérience humaine. Cette dimension poétique peut évoquer quelque chose de plus grand
que soi, au sens de l’élan, de l’inspiration ou du lien, tout en restant ouverte, libre et non
confessionnelle.
Non. L’autolouange ne consiste pas à se répéter des phrases positives ni à chercher à “penser
positif”.
Contrairement aux pratiques d’affirmation positive, l’autolouange n’invite pas à sélectionner
uniquement ce qui va bien ou ce qui est beau. Elle invite à embrasser la totalité de son
expérience, plutôt qu’à n’en retenir que les aspects jugés acceptables ou valorisants.
Il ne s’agit pas de fabriquer une image idéalisée de soi, mais de laisser apparaître une
parole authentique et spontanée, capable de donner voix à l’ensemble de l’expérience
humaine.
En prêtant attention aux mots qui émergent lorsque la parole se libère, chacun peut
progressivement rencontrer des dimensions plus profondes de lui-même, parfois ignorées,
enfouies ou encore en devenir.
Cette ouverture à l’entièreté de soi est source de célébration. L’autolouange permet de renouer
avec l’émerveillement et de découvrir ses forces, ses liens et sa vitalité sous un nouveau jour.
L’autolouange n’est pas une thérapie et ne se substitue pas à un accompagnement
thérapeutique. Elle ne relève pas du champ médical ou psychothérapeutique, et les
facilitatrices et facilitateurs en autolouange ne sont pas nécessairement des thérapeutes.
L’autolouange est avant tout un art de la parole qui propose un déplacement du regard, en
mettant l’accent sur les forces, les élans et la créativité de chacun. Elle agit comme une parole
de dignité, une ressource qui restaure l’estime de soi et de l’autre.
L’autolouange se déploie dans un cadre collectif, avec des règles simples qui favorisent
l’écoute, la bienveillance et la reconnaissance mutuelle. Les participants témoignent souvent
des bienfaits de la pratique : regain de confiance en soi, apaisement, plus grande liberté
d’expression ou sentiment de cohésion dans le groupe.
Lorsque les facilitateurs ou facilitatrices en autolouange sont également thérapeutes, ils
peuvent intégrer cette pratique de manière cohérente dans leur accompagnement.
L’autolouange devient alors une pratique transpersonnelle, un outil complémentaire pour
soutenir un processus en cours.
L’autolouange est un art de l’oralité. Dans nos sociétés fortement marquées par la culture
écrite, la pratique contemporaine de l’autolouange passe souvent par un moment d’écriture
avant le partage. Ce détour peut aider à se lancer et à structurer sa parole.
Cependant, ce n’est pas un passage obligé : auprès de personnes qui n’écrivent pas ou peu, la
pratique peut se vivre directement à l’oral, dans une parole spontanée, portée par le rythme et
la présence.
L’autolouange est accessible à toutes et à tous, sans compétence particulière en écriture. Il
ne s’agit ni de littérature, ni de performance, ni d’un exercice scolaire. L’important n’est pas
d’écrire ou d’écrire “bien”, mais d’exprimer une parole vivante, personnelle et spontanée.
La pratique s’appuie sur des consignes simples et structurantes, qui facilitent l’élan
d’expression. Elles permettent à chacun de trouver ses mots, à son rythme, même lorsqu’on
pense ne pas avoir d’inspiration ou ne pas être à l’aise avec l’écrit.
Lorsque les participants parlent plusieurs langues, chacun est invité à choisir sa langue
d’expression. Cela favorise la spontanéité, la nuance et un lien plus direct avec l’esprit
d’enfance. Une aide peut être apportée pour la traduction, si nécessaire, au moment du
passage à l’oral afin de permettre le partage av
L’autolouange est avant tout une pratique de proclamation : c’est lorsque le corps porte la
parole que la personne entend pleinement les mots qui se sont furtivement glissés du cœur à la
plume. Dire à haute voix, au sein d’un groupe, révèle et engage. La parole dite s’imprime en
soi et devient cap.
Traditionnellement, l’autolouange se vit dans un cadre collectif. Le groupe, par son écoute et
sa présence, consacre l’importance de ce qui est proclamé et reconnaît la place singulière de
chacun.
Cependant, lorsqu’aucun groupe n’est disponible, il est possible de créer symboliquement un
espace de proclamation. L’écrivain Christiane Singer proclamait ainsi face à la canopée sous
les fenêtres de son salon. Prendre l’autre à témoin, humain ou nature, fait partie de l’acte de
proclamer.
Cet usage individuel reste distinct de la pratique classique de l’autolouange telle qu’elle est
transmise au sein de l’Institut de l’Autolouange, où la dimension collective de la proclamation occupe une place centrale.
L’autolouange n’est pas un exercice littéraire ni une recherche de style poétique. Elle ne
demande pas de connaissances particulières en écriture ou en littérature. Elle s’appuie sur une
expérience simple et directe : la mise en mots de ce qui est vivant en soi.
Cependant, les textes prennent souvent une forme poétique spontanée, notamment par
l’usage des images, des métaphores et du langage symbolique. Très souvent, les personnes
découvrent avec surprise la beauté de ce qui s’exprime, et s’exclament : « Je ne savais pas
qu’on pouvait tous être poètes ! ».
Dans ce sens, l’autolouange agit comme une pédagogie vivante de la poésie. Très
simplement, elle permet d’ouvrir un regard poétique sur soi et sur le monde, sans jamais en
faire un objectif à atteindre.
Certaines personnes viennent à l’autolouange sans aucun goût particulier pour la poésie, et
découvrent pourtant une forme d’expression qui leur est immédiatement accessible, car elle
part de leur propre sensibilité et non d’un modèle à reproduire.
Oui. L’autolouange est tout à fait adaptée aux enfants, et même profondément en phase avec
leur manière naturelle de percevoir et de s’exprimer. Elle invite d’ailleurs de manière générale
à renouer avec l’esprit d’enfance : spontanéité, imaginaire, liberté de parole, capacité à
passer d’une émotion à l’autre sans jugement et sans filtre.
De nombreux professionnels (enseignants, artistes intervenants, éducateurs) ont développé la
pratique auprès d’enfants, en l’adaptant à leur âge et à leur mode d’expression.
L’autolouange peut ainsi passer par :
l’oral plutôt que l’écrit,
des phrases très simples ou plus élaborées en lien avec des thèmes qui leur parlent,
le jeu, le mouvement et l’engagement du corps.
Elle permet aux enfants de découvrir une parole personnelle, de prendre confiance en eux, et
de se vivre comme auteurs de leur propre parole, sans exigence de performance. Elle est une
alliée précieuse pour bâtir l’estime de soi et de l’autre et trouve à ce titre sa place dans la
prévention du harcèlement scolaire.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter la section Ressources du site, où vous trouverez
notamment des films réalisés en école primaire, ainsi que le livre Loué Soit Je, dans lequel
plusieurs praticiens témoignent de leurs expériences avec des enfants.
Oui, l’autolouange apporte une contribution précieuse en milieu professionnel, à condition
que sa mise en œuvre soit adaptée au contexte, aux objectifs et aux publics concernés.
Elle est aujourd’hui utilisée dans des contextes très variés : équipes éducatives, institutions
sociales ou culturelles, formations professionnelles, ou encore lors de temps de cohésion
d’équipe. Elle permet de créer un espace de parole différent, où chacun peut s’exprimer
autrement que par son rôle habituel ou sa fonction.
Dans ce cadre, l’autolouange favorise la rencontre entre les personnes au-delà des
hiérarchies et des étiquettes professionnelles. Elle ouvre un espace où l’on se découvre
autrement, dans une parole plus personnelle, plus sensible, et souvent inattendue.
Elle a notamment été expérimentée dans des Cités éducatives en région parisienne,
réunissant des équipes éducatives, des acteurs sociaux, des représentants de l’administration et
de la police. L’autolouange a permis, dans ce contexte, de faire émerger une écoute profonde
et de renforcer les liens entre des métiers qui se croisent sans toujours se rencontrer
véritablement.
Pour en savoir plus, consultez la section Vidéos du site, où un témoignage revient sur cette
expérience et ses effets sur la dynamique
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