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Pourquoi j’ai créé l’autolouange

(avant même de découvrir que cette pratique avait existé à la source de nos cultures)


Par Marie Milis, fondatrice de l’Institut de l’Autolouange


Mathématicienne en zone de "discrimination positive"


J’ai eu la grande chance de devoir enseigner avec les élèves les plus réfractaires, en zone dite

de « discrimination positive » ! Je suis passée brusquement de la recherche universitaire en

mathématique aux États-Unis aux écoles de relégation de nos « zones sensibles » en Belgique.


Fruit d’un parcours scolaire pénible, jonché de dévalorisations, mes élèves s’étaient tatoué sur

l’âme un « sentiment d’incompétence acquis », comme le nomme Bandura. « Avec nous, ça

vaut pas la peine M’dame. » Ils se pensaient, se vivaient nuls et comptaient bien m’imposer ce

diagnostic laborieusement ingéré.


Transformer la classe


Lentement, j’ai transformé la classe en laboratoire de recherche et j’ai rendu tous mes

élèves acteurs en math. En modifiant ma posture et celle de mes élèves, en pratiquant

l’échange d’expertise, en stimulant l’avancée de question en question sans « donner » cours

au sens de poser avec autorité la parole de vérité… J’ai déjoué tous leurs pièges, contre les

maths, contre moi et contre eux-mêmes. Ils se croyaient vraiment nuls !

Résultat : en fin d’année, mes élèves d’école technique passaient des examens oraux devant

jurys universitaires… et réussissaient ! Brillamment pour certains.


Un frein demeurait


Pourtant la plupart ne s’attribuait pas leur réussite. Réussir ne les libérait pas du plomb de

l’opprobre et du déni. Ils inventaient toute une panoplie de raisons à leur réussite, toutes

externes, aucune liée à leurs capacités expérimentées et révélées !


Je voulais lever ce dernier verrou : qu’ils se reconnaissent acteurs de leur propre réussite,

présents, en « je ».


L’émergence de l’autolouange


Pour eux, et avec eux, j’ai formulé les consignes de l’autolouange :


• une parole proclamée, en « je » • avec « amplification » • et sincérité.


Là ils ont été surpris ! Une parole d’une immense sincérité, étonnante de vitalité et de poésie

est montée de chacun·e. « Alors j’ai pu ! moi aussi j’ai pu. » Et ils ont osé leur envergure

singulière.


Je me souviendrai toujours quand Francisco s’est levé et a proclamé cette phrase tellement

émouvante :


« Je suis le sucre d’un café trop amer. »


La lumière dans son regard.


Une pratique universelle et aujourd’hui rayonnante


Depuis, eux et moi diffusons cette pratique de dignité. J’ai découvert qu’elle a existé partout,

sur toute la surface du globe – et qu’elle existe encore aujourd’hui, sous des formes variées,

dans les cultures de l’oralité.


Un premier livre a vu le jour : Souviens-toi de ta noblesse, recueil des autolouanges de mes

élèves et récit de ce parcours. Il a permis de commencer à partager la beauté et la puissance de

cette pratique et à la diffuser.


Aujourd’hui, l’aventure a essaimé en Belgique, en Suisse, en France et au Québec, avec déjà

près de 300 praticiens formés. Certains font rayonner cette posture dans des domaines aussi

variés que l’éducation, l’insertion, l’art, la thérapie ou la culture.


Comme un chant millénaire, l’autolouange nous rappelle que chacun porte en soi une

parole de dignité à faire entendre.


Pour en savoir plus


Un documentaire de 10 minutes sur l’autolouange dans mes premières classes

• Marie Milis, Exercices Pratiques d’autolouange (Payot)

L’annuaire des facilitateurs pour trouver quelqu’un près de chez vous et expérimenter par

vous-même

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