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Choisir la joie

Par Marie Milis


Face à l’état du monde et aux défis qui nous percutent chaque jour, il est frappant de constater combien nous réagissons souvent avec les ressources que nous avons l’habitude de mobiliser : plainte, lassitude, déprime… et leur lot de fatigue et d’abandon.


Une nouvelle esthétique semble parfois se répandre à grande vitesse : celle du glauque, du laid, du « gore ». Comme si la laideur prenait le pouvoir.


Et si, justement, choisir la joie devenait un acte de liberté ?


Cette année, le Printemps des Poètes nous fédère autour du thème : « La liberté, force vive déployée ». Pour nous, la liberté, sans cesse menacée, est un combat. Elle n’est jamais acquise ; elle s’affirme dans chacun de nos choix.


L’autolouange nous y aide, en ravivant sans cesse la conscience de nos ressources et des possibles qui s’ouvrent au-delà de nos habitus.


Nous observons, année après année, combien l’autolouange restaure la dignité individuelle et collective ; combien elle nourrit la confiance en soi, l’estime de soi et le regard porté sur l’autre. Nous la voyons à l’œuvre en insertion, en thérapie, en poésie, et partout où il s’agit d’habiter le monde, les relations… et soi-même.


Concrètement, l’autolouange invite chacun à faire monter une parole en « je », une parole de célébration de soi, puis à la partager devant le groupe.


Dans un atelier, Damien, jeune en réinsertion, se lève un jour et proclame, le regard pétillant : 

Je suis joie dans un champ d’orties. 

À cet instant, la joie n’est plus une idée. 


Elle s'exprime avec panache en expérience vécue. 


Conquête intérieure. 


Affirmation de vie.


Ceux qui ont déjà pratiqué l’autolouange le savent : elle permet d’embrasser toutes nos facettes, des plus sombres aux plus lumineuses. Bien souvent, l’expression la plus lumineuse, celle dans laquelle vient jaillir la joie, se donne après des traversées tumultueuses.


Arrivent alors ces phrases de pur rayonnement, qui ancrent une affirmation de vie profonde, au-delà de toutes les épreuves.


Comme ces quelques pépites, issues d’un coffret de cartes pédagogiques et artistiques qui ouvre bien des chemins d’entrée dans la pratique :


✨ Je déchire le voile qui me sépare du bonheur.

✨ Avec le fil des nuits sombres, je tisse le rose de l’aube.

✨ Bouffée de rire, tornade de joie, je mets l’ennui KO.


Dans le sillage de Christiane Singer, qui s’émerveillait, à la fin de sa vie, de n’avoir « jamais lâché le fil de la merveille », nous faisons le pari de la joie. Choisir la joie au-delà de toutes les raisons de déprimer, c’est faire de l’émerveillement un sport de combat, selon les mots de Christelle Willemez.


Par le puits de l’autolouange monte en nous cette joie première, fondamentale et ontologique. La rayonner nous restitue une dynamique de lumineuse combativité.


L’autolouange y trouve un engagement profondément sociétal et politique : la célébration contagieuse de la vie.


Et si nous choisissions, ensemble, de déployer cette vibration, avec le courage et l’élan de mener nos projets les plus beaux ?


Pour aller plus loin, voir le site de l'Institut : 

  • Les coffrets de cartes de l’autolouange 

  • Petit traité d’autolouange, paru à Chronique Sociale



 
 
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